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Projet de loi agriculture et alimentation  : au Sénat d’éviter le naufrage



30.05.2018 Sans surprise, l'Assemblée nationale vient d'adopter le projet de loi agriculture et alimentation. Ce texte, la Confédération paysanne l'a dit depuis le début des débats, est encore bien trop loin de l'ambition des États généraux de l'alimentation et de l'urgence pour le revenu paysan et la transition agricole.

Fixation du prix abusivement bas au niveau du coût de production, arbitrage public des relations commerciales et transparence des indicateurs de contractualisation : les député-e-s ont refusé d'inscrire dans la loi les mesures qui redonneraient du revenu aux paysannes et aux paysans. Enfermée dans une idéologie selon laquelle le bon-vouloir des industriels et des distributeurs suffirait à mieux rémunérer les producteurs, cette loi consacre le désengagement de l'État sur les interprofessions. Ces mêmes interprofessions où, rappelons-le, l'aval a droit de véto sur toutes les décisions !

En refusant de remettre un réel équilibre dans les  rapports de force sur le partage de la valeur,  le Ministre s'est lui-même donné un argument en or pour freiner toute transition agricole : sans revenu, pas de marge de manœuvre pour la santé des citoyens, le bien-être animal et la protection de l'environnement. La vision libérale et "faussement angéliste" du gouvernement continue d'exposer les paysans aux importations déloyales, notamment par la poursuite des accords de libre-échange. Le double discours a assez duré ! La montée en gamme ne peut se faire en abandonnant à leur sort les paysans dans des marchés dérégulés.

Si la montée en gamme de l'offre alimentaire en restauration collective, la meilleure transparence des règles d'étiquetage, notamment pour l'origine du miel sont des avancées que nous saluons, elles sont largement insuffisantes.

C'est pourquoi la Confédération paysanne va continuer à porter auprès des parlementaires du Sénat toutes nos propositions en faveur de l'agriculture paysanne. Nous défendrons notamment les dispositions que nous avons gagnées sur les abattoirs mobile à l'article 13 quinquies et à l'article 14 ter sur les préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP*), alternatives aux pesticides. D'autant que leur mise en œuvre reste suspendue à des ordonnances, des décrets ou des ajustements du gouvernement. Le débat sur le glyphosate, mesure emblématique avec le revenu qui auraient dû figurer dans le projet de loi laisse présager du naufrage de ce texte.

La Confédération Paysanne en appelle donc désormais à la responsabilité du Sénat, représentant des territoires, pour faire preuve d'ambition pour la transformation du modèle agricole. A défaut, ils se contenteront d'entériner les renoncements d'un Ministre sans vision pour les enjeux agricoles que sont l'emploi paysan, la vitalité des territoires, une alimentation saine et durable et une préservation de l'environnement.

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