AGRICULTURE ET ALIMENTATION

Les distributeurs de belles promesses : ça suffit !



07.11.2018 Intermarché autoproclamé « producteurs-commerçants » ; Carrefour « militant activiste » ; Auchan en colon des champs ; Leclerc en joueur invétéré des prix les plus bas ; Système U, Casino, et les autres, s'il en reste au vu du monopole du secteur… Les voici qui accourent en sauveur des consommateurs-trices et des paysan-ne-s. Ils vont tout offrir : éthique environnementale, qualité des produits, rémunération des paysan-ne-s… Et tout ça au moindre prix !

Dommage que cette recette magique n'ait pas été connue avant ! La demande légitime de « montée en gamme » donne lieu à des initiatives montées en épingle pour rassurer le consommateur-trice. Dans la réalité : du lait bio bradé, des fruits importés à bas prix, des prix payés au producteur qui ne suivent pas, du foncier agricole consommé, des délais de paiement plus que favorables et des profits colossaux…

Alors bien sûr, il y a les industriels qui ne jouent pas le jeu de la transparence et de la répercussion de la valeur. Il y a un système savamment entretenu de concurrence vers le bas, cautionné aussi par la FNSEA*, signataire de contribution commune avec l'Association nationale des industries agroalimentaires (ANIA) et la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). Il y a aussi l'ordonnance sur les prix abusivement bas qui peine à sortir ambitieuse au regard de l'enjeu de la rémunération paysanne.

Avec cette logique en cours, aux antipodes des engagements des États généraux de l'alimentation, le bio va se retrouver au prix du conventionnel d'aujourd'hui. Et le conventionnel encore plus bas que terre. Alors que les revenus sont déjà bien trop faibles, les paysan-ne-s sont de plus en plus étranglé-e-s par ce monopole commercial qui s'accommode à merveille du libéralisme. En s'emparant du marché du bio, la grande distribution va là où la valeur est encore présente pour espérer l'engranger. Comment demander toujours plus aux paysan-ne-s en donnant toujours moins de valeur à ce qu'ils produisent ?

La faute aussi au désengagement des pouvoirs publics qui laissent régner la loi du plus fort. Les conditions de montée en gamme devraient être obligatoirement négociées par et pour les paysan-ne-s. Et non dictées par les industriels comme Danone et les distributeurs comme Carrefour. Quels seront les retours pour le monde agricole et rural en l'état actuel des choses ? Y-a-t-il une volonté de répartir différemment les richesses ? Y-a-t-il une volonté d'intégrer les aspects sociaux dans l'approche du marché ?

Toujours moins de paysan-ne-s, des campagnes sans vie, c'est cela que nous vend encore en grande majorité la grande distribution. Et demain de la bio industrielle, des AOC* pilotées sans les paysan-ne-s, des filières Label Rouge avec robots, de la viande américaine.

Si le changement annoncé ne se concrétise pas dans des dispositifs concrets et généralisés par plus d'autonomie décisionnelle et financière pour les paysan-ne-s, plus d'emploi agricole, plus de revenu et de reconnaissance de nos savoir-faire et une réelle relocalisation de la production et de la consommation, nous ne nous priverons pas d'aller prochainement dénoncer les supercheries récurrentes de la grande distribution et de l'agrobusiness. Au plus près des lieux de vente.

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