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CAMPAGNES SOLIDAIRES


Campagnes solidaires est le mensuel de la Confédération paysanne, engagé avec les paysans et les acteurs du mouvement social dans l'émergence d'autres mondes possibles.

C'est un point de ralliement pour ceux qui veulent comprendre les réalités de la vie et des luttes paysannes dans le monde et ici en Europe.

C'est aussi un espace pour ceux qui veulent s'exprimer sur ces réalités et la manière d'agir sur elles.

Informer, c'est contribuer au débat sur les sujets de société tels que les OGM, la sécurité alimentaire et la mondialisation...

Campagnes Solidaires, notre, votre journal, tente chaque mois de restituer les résistances et les espoirs de ces luttes. Nous avons besoin de vous pour continuer ce combat.

Le numéro du mois

n° 360 - mars 2020
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(Re)vivre ensemble en milieu rural


Les dossiers sont disponibles en téléchargement trois mois après parution [voir dans la rubrique ARCHIVES]

Exceptionnellement, dû à la situation actuelle, le numéro 360 de Campagnes solidaires est disponible gratuitement en suivant ce lien.

A l'heure où j'écris ces lignes, le Salon de l'Agriculture vient de refermer ses portes sur la vitrine de l'agriculture française. De l'environnement à chaque coin de stand, des races animales domestiques à foison, des produits gourmands emblématiques des régions... une image d'Epinal présentée à des citadin·es en mal de ruralité !
De l'autre côté de la vitrine, un monde agricole qui peine à se faire rémunérer de son travail, à transmettre ses fermes, à évoluer pour répondre au enjeux contemporains climatiques et environnementaux. Un monde agricole plus très fier de ses produits, de plus en plus isolé parce que sans voisin·es et croulant sous le boulot.
Un fossé se creuse entre la réalité de nos vies, de notre travail et l'image idéalisée que peuvent en avoir des personnes coupées du monde rural depuis une, deux, trois générations...
Même dans nos systèmes, même en agriculture paysanne, cette incompréhension existe. Quand un paysan qui pulvérise un produit bio dans son champ est montré du doigt ou insulté, c'est grave et ce n'est pas une remise en cause du modèle industriel. Quand on me dit que mes vaches ne sont pas bien soignées car elles sont dans les champs même en hiver (les hivers sont relativement doux en Bretagne), c'est agaçant de devoir justifier que ce n'est pas de la maltraitance animale, Quand un paysan du Cantal est condamné à 8 000 euros, après plusieurs années de procédure engagée par des voisins retraités néo ruraux, pour odeurs dues à son troupeau et à on ensilage, l'intolérance qu'entraîne une vision hygiénisée de la campagne est insupportable.
Mais quand bien même nos voisin·es auraient des attentes incompatibles avec notre travail, cela ne constitue pas une raison pour crier à l'agribashing, ce vilain anglicisme, étendard agité par la Fnsea pour rallier ses troupes, interdire toute critique du modèle agricole dominant et contrecarrer son évolution.
Cela ne justifie pas la création d'une cellule spéciale de la gendarmerie nationale pour empêcher toute atteinte au monde agricole... y compris la remise en question de l'industrialisation des productions.
S'arc-bouter pour garder une agriculture compétitive à l'international, contribuant à la « croissance », participe à opposer le monde agricole au reste de la société, à l'isoler et à renforcer le sentiment de défiance.
Il est pourtant plus urgent de créer des ponts entre nous, de repenser un projet commun en répondant aux enjeux de qualité de l'alimentation, de vie dans les territoires, de préservation de l'environnement et des ressources. C'est cela qui permettra de renouer des liens distendus.

Véronique Marchesseau,
paysanne dans le Morbihan,
secrétaire générale de la Confédération paysanne

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