AGRICULTURE BIOLOGIQUE : NOS POSITIONS
Pour le développement de la bio paysanne !
Depuis sa création, la Confédération paysanne défend l'Agriculture paysanne comme réponse aux exigences de respect de la nature et des paysan·nes qui produisent notre alimentation.
Après une décennie de croissance ininterrompue, tant en termes de surfaces agricoles que de parts de marché, l'agriculture biologique est entrée dans une phase de crise au début des années 2020.
La crise qui touche les producteurs et les productrices en bio est aujourd'hui reconnue et documentée. Elle n'est pas une seule crise de la demande, comme le répète le ministère.
Le gouvernement dit vouloir conserver l'ambition de la France sur les surfaces agricoles engagées en agriculture biologique (18 % de la SAU* en 2027), mais n'a jusque-là pas proposé de mesures capables d'endiguer les difficultés des producteurs et productrices en bio et de maintenir le taux de conversions. Pour rappel, l'objectif des 15 % de surfaces agricoles en bio fixé pour 2022 n'a pas été atteint (10,4 %, ce qui représente une régression entre 2023 et 2024).
En 6 ans, l'agriculture biologique a été souvent attaquée par les défenseurs et défenseuses de l'agro-industrie qui veut continuer à produire sans rien changer. On peut citer entre autres la disparition de l'aide au maintien (MAB) dans la nouvelle PAC*, la mise en concurrence de la Bio avec des labels moins disants (HVE*), la réautorisation de la vente de fruits et légumes bio produits sous serres chauffées au motif de la « surtransposition » des règles européennes. Toute avancée sociale, environnementale ou sanitaire semble donc être considérée comme un frein au développement de la filière. Une décision qui s'ajoute à la liste des régressions globales de toutes les politiques agroenvironnementales et qui favorise clairement la filière bio industrielle au détriment des paysan∙nes.
NOS OBJECTIFS
L'objectif de la Confédération paysanne est de mettre en place un cadre politique qui permette de généraliser l'Agriculture paysanne, c'est-à-dire des pratiques d'agroécologie paysannes cohérentes avec le cahier des charges de l'agriculture biologique, débarrassée des pesticides, des intrants de synthèse et sans OGM, mais aussi des pratiques qui vont au-delà du cahier des charges : maintien du taux de matière organique des sols, préservation de la biodiversité, économie d'énergie, etc. Et surtout une agriculture qui respecte nos fondamentaux sociaux : des paysan·nes nombreux·euses, heureux·euses et justement rémunéré·es.
L'agriculture biologique ne saurait être limitée à une « économie de niche » qui répond à des marchés, contrairement aux discours défendus par le ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire ainsi que par les autres syndicats.
En attendant, l'agriculture biologique est une des voies qui peuvent permettre aux paysan·nes d'avancer vers une agriculture respectueuse des femmes, des hommes, et de l'environnement. Pour cela, tous les leviers disponibles doivent être mobilisés pour encourager son développement : aides à la conversion et au maintien, fléchage de l'aide alimentaire vers les produits bio, approvisionnement de la restauration collective, soutien aux organismes de recherche et de développement de l'agriculture biologique, préservation d'un cahier des charges exigeant, structuration de filières territorialisées.
L'enjeu est donc double et la Conf' agit sur les deux fronts : elle milite pour une sortie collective des pesticides, la maîtrise et la régulation de la production, la mise en place de politiques qui empêchent les dumpings sociaux et écologiques. Parallèlement, elle œuvre pour des politiques favorables au développement de la bio : chaque conversion est une avancée qui va dans le bon sens !