Au SPACE de Rennes, la Ministre n’entend toujours pas le désarroi des paysan·nes
300 millions d'euros sont prévus pour le dégrèvement de la taxe foncière, alors que le plan de réarmement n'est doté que de 230 millions d'euros. À cette question, la Ministre rétorque que « c'était une demande de la profession », sans avoir consulté la Confédération paysanne. Nous lui avons pourtant indiqué que cette aide ne bénéficiera pas directement aux paysan·nes.
Le cœur de l'échange avec Annie Genevard a porté sur l'ISN et le système assurantiel.
La Ministre assume l'abandon par l'État de la protection des productions et la délégation de cette mission au système assurantiel privé souhaité par la FNSEA*. Elle nous répète que « c'est aux agriculteurs de s'assurer ». Par cet aveu, le gouvernement fait supporter aux paysan·nes, seul·es, les conséquences du dérèglement climatique.
Le scandale du système assurantiel est double lorsque l'on sait qu'il est en partie financé par la PAC*, à travers une enveloppe du PSN* qui pourrait pourtant servir à abonder un fonds de mutualisation solidaire.
Autre incompréhension, qui génère une colère légitime chez les éleveur·euses : l'outil satellitaire d'évaluation de la pousse de l'herbe, Airbus, sur lequel doit s'appuyer l'estimation des pertes, est totalement défaillant et risque de laisser de nombreux·euses éleveur·euses sur le bord de la route.
Puisque la Ministre ne semble pas avoir pris conscience des enjeux, sa rencontre avec les paysan·nes n'aura pas permis d'apaiser la colère ni de lever les inquiétudes sur l'avenir de nos fermes.
L'urgence est pourtant bien là : aucune ferme ne doit disparaître.




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