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LAIT
09.10.2026

Lait : les industriels méprisent les producteur·rices ! Le gouvernement doit réagir !

Après Lactalis, c'est au tour de Savencia d'annoncer la rupture des contrats de 330 producteur·rices de l'OP Trois Rivières, situés en Sarthe, en Mayenne et en Maine-et-Loire. Les producteur·rices disposent de 18 mois pour trouver un ou plusieurs autres collecteurs. C'est un véritable coup de massue pour les éleveur·euses qui subissent l'une des pires années climatiques et doivent faire face à la hausse des prix de l'énergie.

La Confédération paysanne a toujours dénoncé cette stratégie de suppression des collectes, qui conduit à l'élimination progressive des éleveurs et des éleveuses. Cette politique de concentration de la production est à l'œuvre depuis la fin des quotas laitiers en 2015. Cette orientation est le fruit de décisions politiques, soutenues par une partie de la profession qui, dans une approche libérale, souhaitait sortir du « carcan » des quotas.

Aujourd'hui, la diminution dramatique du nombre de fermes laitières exige la mise en œuvre d'outils de régulation, comme l'instauration d'un tunnel de prix. Celui-ci permettrait d'engager une gestion dynamique de la production tout en garantissant la collecte du lait de chaque producteur·rice. Les pouvoirs publics ont le devoir de garantir la collecte du lait de chaque producteur. Les investissements liés à la production laitière ne peuvent se concevoir sans stabilité ni visibilité, avec des contrats d'une durée limitée à cinq ans.

Savencia : une stratégie inacceptable

Nous dénonçons la stratégie de Savencia qui, par ses menaces, cherche à accentuer un rapport de forces déséquilibré. Ces pratiques mortifères sont rendues possibles par une réglementation défaillante des relations commerciales et par un gouvernement absent qui n'assume pas son rôle d'arbitre.

Il est inadmissible que les industriels disposent d'une telle latitude pour faire pression sur les organisations de producteur·rices, et ainsi imposer des relations commerciales individualisées. Cette volonté permanente de se soustraire aux négociations collectives est révélatrice de l'ambition constante des industriels : capter la valeur ajoutée créée dans les fermes grâce au travail des paysan·nes.

En tout état de cause, cette situation doit appeler une réaction politique forte, en faveur d'une révision de l'organisation commune des marchés et d'un renforcement de la directive relative aux pratiques commerciales déloyales. 

Nous le répétons avec force : aucune ferme ne doit disparaître !

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