Campagnes solidaires est le mensuel de la Confédération paysanne, engagé avec les paysans et les acteurs du mouvement social dans l'émergence d'autres mondes possibles.
C'est un point de ralliement pour ceux qui veulent comprendre les réalités de la vie et des luttes paysannes dans le monde et ici en Europe.
C'est aussi un espace pour ceux qui veulent s'exprimer sur ces réalités et la manière d'agir sur elles.
Informer, c'est contribuer au débat sur les sujets de société tels que les OGM, la sécurité alimentaire et la mondialisation...
Campagnes solidaires, notre, votre journal, tente chaque mois de restituer les résistances et les espoirs de ces luttes. Nous avons besoin de vous pour continuer ce combat.
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Editorial« Notre lutte contre cette politique abjecte où seuls les intérêts économiques guident les décisions est un cri du cœur »
Chaque nouvelle année, on fait le bilan de celle écoulée. Les jours rallongent enfin, la lumière est plus vive et on se surprend à espérer plus fort que d'habitude.
Il faut dire que la fin d'année a été particulièrement éprouvante. La multiplication des départements touchés par la DNC et la politique d'abattage total du gouvernement ont mis le feu dans les campagnes. Les blocages de fermes et de routes ont fortement mobilisé les paysannes et les paysans de la Conf, avec cette énergie farouche d'en découdre avec le massacre de nos troupeaux et de défier la posture condescendante et bornée du ministère aux ordres des pontes de la FNSEA*. Nous sommes persuadé.es qu'il existe d'autres façons de faire face à la maladie que de tuer des animaux sains par « précaution », et qu'il est plus que temps que notre gouvernement pousse au déclassement de cette épizootie afin entre autres de lever les contraintes absurdes sur l'exportation d'animaux vaccinés.
Avec la solidarité comme ciment et boussole, certain.es d'entre nous ont vécu des moments de convergence avec des militant.es de la Coordination rurale. Sans être dupes de nos incompatibilités sur le fond et la forme avec ce syndicat populiste et identitaire ; sur le terrain, seule l'envie de sauver des vaches et des fermes a guidé nos élans collectifs, sans calculs politiques, sans renier nos valeurs.
Nous aurons sûrement besoin de revenir ensemble sur nos stratégies et « alliances » de circonstance, mais notre lutte contre cette politique abjecte où seuls les intérêts économiques guident les décisions est un cri du cœur.
En tant qu'éleveuses et éleveurs, nous passons un contrat avec nos bêtes et faisons notre possible pour les protéger envers et contre tout. Un troupeau, ça se construit, année après année. Nos animaux et nous, nous nous apprivoisons mutuellement, nous créons des habitudes, nous apprenons patiemment ensemble à nous adapter aux lieux, aux cycles, aux aléas.
Nous ne laisserons pas Annie Genevard et sa clique détruire ce lien précieux, notre travail et nos vies sans rien faire !
Cette bagarre s'inscrit aussi dans notre combat pour la souveraineté alimentaire. Notre projet syndical ne peut éclore dans un monde où les accords de libre-échange imposent leurs règles aux politiques nationales. Le Mercosur* ne doit pas passer. Nous nous battons contre cet accord détestable depuis plus de vingt-cinq ans, nous ne lâcherons rien jusqu'à le faire plier. Les paysan.nes et les citoyen.nes n'en veulent pas, nous allons obliger la France à tenir ses engagements et à embarquer avec elle une minorité de blocage.
Janvier 2026, c'est aussi les élections professionnelles à Mayotte. Un an après Chido, la Confédération paysanne compte bien rester à la tête de la chambre d'agriculture à Mamoudzou. Sept ans de travail acharné pour redresser les comptes d'une chambre qui était dans le rouge, sept ans d'accompagnement des petit.es pêcheur.euses et des agriculteur.ices, sept ans à relever des défis immenses, dont celui de la reconstruction après l'ouragan… L'équipe menée par Saïd Anthoumani est motivée à continuer dans cette lancée, nous sommes à fond derrière elle.
Aujourd'hui, à l'image de la forêt qui reprend ses droits, le peuple mahorais est un exemple de résilience. Et l'agroforesterie qui y est pratiquée sur l'intégralité de l'île, un beau symbole de l'agriculture paysanne que nous défendons à la Conf'. Espérons que cette victoire puisse être la première d'une longue liste pour 2026 !
Fanny Métrat, porte-parole
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