PAC : le Ministre va-t-il hypothéquer l’avenir de l’emploi paysan ?
En effet, la PAC* soutient l'agrandissement et l'industrialisation des fermes, au détriment des petites fermes, de nombreux oubliés de la PAC* et de l'emploi paysan. L'exemple de Gwénaël Floch, maraîcher en Ille-et-Vilaine, chez qui la Confédération paysanne avait invité le ministre Julien Denormandie en 2021 dans le cadre du salon à la ferme, est à ce titre édifiant. L'enquête de Cash investigation montre bien que la France a des marges de manœuvre pour mieux redistribuer les aides et arbitrer différemment en particulier vers les petites fermes, riches en emplois ou les pratiques plus respectueuses de la biodiversité. Le nouvel « écorégime » ne doit pas répéter les erreurs du paiement vert qui, malgré des sommes colossales, n'a pas permis de modifications des pratiques agricoles réellement plus durables.
Pourtant, il est à craindre quela France modifie au strict minimum son plan stratégique national (PSN*) pour la prochaine PAC*.
Ce serait une immense occasion ratée pour ce levier majeur en faveur du revenu et de l'emploi paysans et de la transition agroécologique que pourrait être la PAC*.
La PAC* risque ainsi de perdre définitivement toute légitimité via à vis de la société, au regard de ses exigences environnementales au rabais et du plan social qu'elle organise dans les campagnes.
C'est pourquoi, la Confédération paysanne revendique dans la révision du PSN* :
- Une redistribution plus juste et efficace des aides, notamment par la revalorisation du paiement redistributif sur les premiers hectares.
- L'augmentation des exigences de base de la conditionnalité donnant accès aux aides PAC* pour lutter contre le changement climatique, préserver la biodiversité et améliorer la qualité de l'eau, de l'air et des sols.
- Le renforcement de l'écorégime pour des pratiques effectivement plus vertes, notamment par un soutien bien plus élevé pour la bio, à hauteur de 145 euros / hectare.
- L'augmentation du budget dédié aux mesures agroenvironnementales et Climatiques (MAEC) système et à l'aide à la conversion à l'agriculture biologique (CAB), pour permettre à tous les paysan·nes, sur tous les territoires, de pouvoir y accéder.
Dérèglements climatiques, effondrement de la biodiversité, mise à nu des dépendances de l'agriculture européenne avec la guerre en Ukraine, nous sommes face à un tournant crucial pour inverser la tendance.
Le nouveau Ministre de l'agriculture se doit d'être à la hauteur des enjeux car il va engager l'agriculture française pour les cinq prochaines années. Cela doit se traduire par une PAC* qui accompagne tous les paysan·nes dans une réelle transition vers un modèle agricole et alimentaire plus juste socialement et écologiquement.



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