La France veut-elle en finir avec les MAEC ?
La Confédération paysanne s'y oppose fermement. Après des années de sous-financement, de retards de paiement et d'incertitudes répétées pour les paysan·nes engagé·es, cette proposition constitue une nouvelle atteinte aux MAEC, alors que ces dispositifs sont l'un des rares outils structurants permettant de soutenir des changements de pratiques et de systèmes.
Le ministère justifie cette révision par des arguments de « sécurité juridique » liés à l'incertitude sur la PAC* post-2027 et à la crainte que les mécanismes de chevauchement entre programmations ne puissent s'appliquer. Or, aucun élément ne démontre à ce stade que la réglementation européenne imposerait de limiter la durée des MAEC ou d'empêcher le chevauchement d'engagements.
Surtout, les propositions actuelles de la Commission européenne pour la PAC* post-2027 ouvrent des perspectives qui vont à l'inverse de ce recul : l'article 10 relatif aux « actions agro-environnementales et climatiques » prévoit explicitement des engagements volontaires pouvant être annuels ou pluriannuels.
Ainsi, la Confédération paysanne demande :
- le maintien de toutes les MAEC sur une durée de 5 ans, en particulier des MAEC systèmes, car une transition agroécologique ne se construit pas sur 1 ou 3 ans.
- l'utilisation des reliquats CAB non utilisés pour l'année 2025, ainsi que ceux à venir pour les campagnes 2026 et 2027.
- une position résolument volontariste de la France dans les négociations européennespour la fin de cette programmation tout comme pour la PAC* post 2027.
- l'affirmation dès maintenant d'un cadre politique ambitieux pour la transition.
La transition agroécologique ne peut pas être une variable d'ajustement. Elle doit être un choix politique assumé, soutenu dans la durée, avec des outils à la hauteur des enjeux et des paysan·nes qui s'engagent.



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