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CALAMITÉS AGRICOLES
09.06.2022

Aléas climatiques: il est urgent de changer de logiciel

Alors que le Ministre de l'agriculture se déplaçait en Ile-de-France cet après-midi, l'heure des premiers bilans des impacts de la grêle et des orages du week-end dernier est arrivée. Après la tempête Eunice de février, le gel d'avril et alors qu'une sécheresse impacte une grande partie de l'Hexagone, cet épisode d'orages et de grêle est le 4e événement climatique majeur de l'année. Par son lien intrinsèque au vivant, l'agriculture est en première ligne. Pour maintenir une agriculture en France, nos politiques doivent changer de logiciel : prendre des mesures d'urgence vraiment adéquates pour aider les fermes les plus en difficulté et dans le même temps s'attaquer réellement aux causes du dérèglement climatique.

Or, en faisant miroiter les soi-disant « bénéfices » de la loi sur l'assurance-récolte, en vigueur qu'à partir de 2023, le Ministre oublie les écueils de cette réforme : insuffisance du financement du dispositif, flambée des tarifs assurantiels face à la multiplication des aléas climatiques, incapacité financière des fermes pluri-sinistrées à payer une cotisation d'assurance, absence d'offre assurantielle dans plusieurs secteurs, inadaptation de la base de calcul des indemnisations (moyenne des rendements des 5 dernières années).

Plus que jamais, l'enchaînement des catastrophes climatiques montre que cette réforme doit être abrogée et remplacée par un fonds mutuel et solidaire, plus juste et plus efficace, financé par l'État, la profession agricole et aussi par les entreprises tirant un bénéfice économique direct du maintien de l'agriculture, c'est-à-dire les industries d'amont (intrant, machinisme...) et d'aval (agro-alimentaire).

Sans attendre 2023, les fermes touchées par cette vague d'orages et de grêle ont besoin du soutien immédiat des pouvoirs publics. Les dispositifs annoncés pour l'instant par le Ministre sont insuffisants et totalement inadaptés à la détresse immense de certaines fermes. Le Ministère ne doit pas répéter les erreurs du passé ; notamment celles des plans d'aide « gel » de 2021 et 2022 (5000 euros par actif mais essentiellement fléchés par les chambres d'agriculture) qui ont noyé certaines structures sous les subventions et exclu totalement d'autres fermes, car trop petites, trop diversifiées ou non concernées par le clientélisme des Chambres d'agriculture.

Dans l'immédiat, face à ce nouvel épisode de grêle, la Confédération paysanne exige le déclenchement immédiat d'une aide d'urgence plafonnée, dégressive sur les premiers hectares, sans critère de spécialisation et totalement transparente.


En téléchargement :

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